Cancer du col de l’utérus : au Sénégal, comment le vaccin HPV peut aider à prévenir la maladie ?

Human Papilloma Virus vaccine with syringe and vial n laboratory background.

Le cancer du col de l’utérus peut, dans une grande proportion des cas, être évité grâce à la vaccination et au dépistage. Au Sénégal, les autorités sanitaires veulent renforcer l’adhésion au vaccin contre le papillomavirus humain (HPV), un outil majeur de prévention contre cette maladie qui continue d’affecter des milliers de femmes à travers le monde.

DAKAR — Prévenir un cancer avant même que les premières cellules anormales n’apparaissent : c’est l’une des promesses majeures de la vaccination contre le papillomavirus humain, plus connu sous le nom de HPV.

Au Sénégal, les acteurs de la santé publique veulent renforcer la mobilisation autour de cet outil de prévention, alors que la couverture vaccinale et l’adhésion des populations restent des enjeux essentiels.

Les 2 et 3 septembre 2026, le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique, l’Association des Femmes Médecins du Sénégal et Enda Santé ont réuni plusieurs acteurs du secteur autour d’un atelier consacré au plaidoyer en faveur d’une meilleure vaccination contre le HPV.

Mais au-delà des discussions entre spécialistes, une question demeure centrale : comment faire en sorte que chaque personne concernée comprenne qu’un vaccin administré aujourd’hui peut contribuer à réduire le risque d’un cancer plusieurs années plus tard ?

Le HPV, un virus étroitement lié au cancer du col de l’utérus 

Le papillomavirus humain est un virus très fréquent.

Il existe de nombreux types de HPV et certains d’entre eux sont responsables de la grande majorité des cancers du col de l’utérus.

Dans de nombreux cas, l’organisme parvient à éliminer naturellement l’infection.

Mais lorsqu’une infection à certains types de HPV persiste, elle peut provoquer, au fil du temps, des lésions précancéreuses susceptibles d’évoluer vers un cancer si elles ne sont pas détectées et prises en charge.

C’est précisément pour interrompre cette chaîne que la prévention est essentielle.

La vaccination permet de protéger contre certains types de HPV responsables d’une part importante des cancers, tandis que le dépistage permet d’identifier d’éventuelles lésions avant qu’elles n’évoluent.

Vaccination et dépistage ne s’opposent donc pas : ils se complètent.

Un vaccin disponible au Sénégal depuis plusieurs années

La vaccination contre le HPV a été introduite dans le Programme élargi de vaccination du Sénégal en 2018.

Son intégration dans le programme national traduit la volonté de faire de la prévention du cancer du col de l’utérus une priorité de santé publique.

Mais disposer d’un vaccin ne suffit pas toujours à garantir une protection collective.

Encore faut-il que les populations soient informées, que les personnes concernées puissent accéder aux services de vaccination et que les interrogations ou réticences soient prises en compte.

Car autour de la vaccination contre le HPV, les fausses informations, les inquiétudes et parfois le manque de connaissance du virus peuvent freiner l’adhésion.

Le défi de la confiance et de l’information 

C’est l’un des principaux enjeux mis en avant lors de l’atelier organisé à Dakar : améliorer la cohérence des messages adressés aux différents publics.

Pour les autorités sanitaires, les professionnels de santé et les organisations communautaires, il ne s’agit pas seulement de recommander la vaccination.

Il faut également expliquer.

Expliquer ce qu’est le HPV.

Expliquer pourquoi la vaccination intervient avant l’apparition de la maladie.

Expliquer que la prévention du cancer du col de l’utérus repose sur plusieurs étapes, de la vaccination au dépistage.

Et surtout, permettre aux familles de poser leurs questions et d’obtenir des réponses fiables.

Car dans le domaine de la santé, la confiance constitue souvent l’une des premières conditions de l’adhésion.

Prévenir plutôt que traiter 

Le cancer du col de l’utérus illustre particulièrement bien l’importance d’investir dans la prévention.

Lorsqu’un cancer est diagnostiqué à un stade avancé, la prise en charge peut devenir complexe et coûteuse, tant pour les patientes que pour les systèmes de santé.

La prévention permet, au contraire, d’intervenir bien plus tôt.

La vaccination vise à réduire le risque d’infection par certains HPV à haut risque, tandis que le dépistage permet d’identifier et de traiter les lésions précancéreuses avant qu’elles ne se transforment en cancer.

Le véritable enjeu consiste donc à ne pas attendre l’apparition de la maladie pour agir.

Au-delà du vaccin, une stratégie complète contre le cancer

La mobilisation engagée au Sénégal rappelle que la lutte contre le cancer du col de l’utérus ne peut pas reposer sur une seule intervention.

Elle suppose une stratégie globale associant :

Cette approche globale est essentielle pour réduire durablement le poids de la maladie.

La prévention comme investissement sanitaire 

À travers le renforcement du plaidoyer en faveur de la vaccination contre le HPV, le Sénégal cherche à améliorer la couverture vaccinale et à renforcer l’appropriation de la prévention au sein des communautés.

Mais le défi dépasse les campagnes et les ateliers.

Le succès d’une politique de vaccination se mesure, au final, dans les communautés : une information comprise, des parents rassurés, des professionnels capables de répondre aux interrogations et des services accessibles aux personnes concernées.

Car le vaccin HPV porte une ambition particulièrement forte en matière de santé publique : réduire le risque d’un cancer avant que la maladie ne commence à se développer.

Et dans la lutte contre le cancer du col de l’utérus, c’est peut-être là que se trouve l’une des armes les plus puissantes : agir avant d’avoir à soigner.

Aminata Allah Fama Camara

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