Transfusion sanguine : au Cameroun, le CNTS ambitionne de produire ses propres poches de sang d’ici fin 2025.

Le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) s’est fixé un objectif historique : lancer, avant la fin de l’année 2025, la production de poches de sang portant son label. Mais cette ambition reste confrontée à de sérieuses contraintes financières.

Réunis à Yaoundé pour la 8ᵉ session ordinaire de leur comité de gestion, sous la présidence du Pr Tétanye Ekoe, les responsables du CNTS ont présenté le bilan des exercices 2023 et 2024, et tracé les perspectives à venir. Leur priorité : moderniser le système transfusionnel afin de garantir un sang disponible, sûr et certifié.

Une collecte en hausse, mais loin des besoins

En 2024, le CNTS a collecté 165 708 poches de sang, contre 158 481 en 2023. Une progression appréciable, mais qui ne couvre encore que 41 % des besoins nationaux, estimés à 400 000 poches par an.

« Collecter, qualifier et sécuriser le sang est un processus lourd et coûteux. Mais nous devons atteindre l’objectif fixé par le Chef de l’État : rendre le sang accessible et sûr pour tous les Camerounais », a déclaré le Pr Tétanye Ekoe.

Un projet soutenu par la France

Pour relever ce défi, le CNTS bénéficie d’un appui de la coopération française, à travers l’Ambassade de France et l’Établissement Français du Sang. Un financement de 1,3 million d’euros (près de 853 millions FCFA) a été mobilisé, avec l’accord de la Présidence de la République.

Ce projet s’articule autour de deux priorités :
• former 500 techniciens spécialisés en transfusion sanguine,
• renforcer le don volontaire à travers des campagnes de proximité.

Ces actions doivent jeter les bases techniques et organisationnelles pour la production des premières poches de sang estampillées CNTS dès 2025.

Des moyens financiers en baisse

Le principal obstacle reste le financement. Le budget du CNTS, qui s’élevait à 1,37 milliard FCFA en 2024, a été ramené à 900 millions FCFA pour 2025, avec un collectif budgétaire en cours d’examen plafonné à 584 millions FCFA.

« Sans financement, toutes nos ambitions relèvent du rêve », a averti le président du comité de gestion. Le CNTS demande un renforcement des subventions publiques afin d’alléger le coût du sang pour les familles.

Un appel à la mobilisation nationale

Au-delà des financements institutionnels, le CNTS invite chaque citoyen à contribuer par le don de sang.
« Il n’y a pas de sang sans don. C’est un devoir citoyen », a martelé le Pr Tétanye Ekoe.

L’année 2025 pourrait ainsi marquer un tournant majeur pour la santé publique au Cameroun : voir naître les premières poches de sang labellisées CNTS, symbole de souveraineté, de sécurité sanitaire et de solidarité nationale.

Billy N. CONDÉ 

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