Paludisme : la Côte d’Ivoire fait chuter la mortalité de plus de 60 % et vise l’élimination de la pathologie.

Abidjan – La lutte contre le paludisme en Côte d’Ivoire enregistre des avancées notables. En l’espace de trois ans, le pays a réussi à réduire significativement la mortalité liée à cette maladie, avec une baisse du nombre de décès passant de 1 534 en 2022 à 1 027 en 2025.

L’annonce a été faite par le Dr anoh Méa Antoine, Directeur coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), lors d’une conférence de presse tenue ce jeudi, 16 avril 2026, en prélude à la Journée mondiale de lutte contre le paludisme célébrée le 25 avril.

Selon les autorités sanitaires, ces progrès s’appuient sur un renforcement des interventions à fort impact. Parmi elles : la chimio-prévention chez les femmes enceintes, l’amélioration de la prise en charge des cas et une hausse notable de l’utilisation des moustiquaires imprégnées d’insecticide à longue durée d’action, passée de 68 % en 2021 à 81,3 % en 2025.

Pour consolider ces acquis, les autorités ont lancé un Plan stratégique national d’élimination du paludisme 2026-2030, qui sera déployé dans les 113 districts sanitaires du pays.

« Les actions seront axées sur la prise en charge, la vaccination des enfants de moins d’un an, la distribution en routine des moustiquaires aux femmes enceintes et enfants de moins de cinq ans », a lancé Dr anoh Méa Antoine.

En plus de ces priorités, le Directeur coordonnateur du Programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), a fait savoir que selon les zones, d’autres stratégies spécifiques seront mises en œuvre, pour endiguer la maladie. Il s’agit notamment, de la chimio-prévention saisonnière chez les enfants de 3 à 59 mois et chez les nourrissons, la lutte antivectorielle et la pulvérisation intra-domiciliaire.

Dans sa lutte préventive contre le paludisme, les autorités sanitaires ont insisté sur l’importance de l’engagement communautaire. Le Dr anoh Méa Antoine a appelé les populations à dormir sous moustiquaire imprégnée,  assainir le cadre de vie et éliminer les gîtes larvaires, consulter immédiatement un centre de santé en cas de fièvre, respecter les consultations prénatales dès le premier trimestre et faire vacciner les nourrissons.

Il faut rappeler que malgré ces résultats encourageants, le paludisme reste un défi majeur de santé publique. Il représente environ 30 % des consultations dans les structures sanitaires du pays. En 2025, l’incidence était estimée à 231 cas pour 1 000 habitants, témoignant d’une transmission encore élevée.

Billy N. CONDÉ

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