Santé publique : l’Afrique vers une nouvelle ère de coopération pour la souveraineté sanitaire.

En marge du 39e Sommet de l’Union africaine, le ministre de la Santé, Dr Mustafa Al-Furjani, a multiplié les rencontres bilatérales avec plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Objectif : bâtir un nouveau modèle de coopération axé sur la souveraineté pharmaceutique, la transformation numérique et l’harmonisation réglementaire, afin de renforcer durablement les systèmes de santé du continent.

À l’occasion du 39e Sommet de l’Union africaine, le ministre de la Santé, Dr Mustafa Al-Furjani, a engagé une série de rencontres bilatérales avec ses homologues de Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, du Bénin et du Sénégal. Objectif : jeter les bases d’un partenariat opérationnel capable de renforcer durablement les systèmes de santé africains.

Dans un contexte marqué par les leçons de la pandémie et les tensions persistantes sur les chaînes d’approvisionnement pharmaceutiques, ces échanges traduisent une volonté commune de passer d’une coopération déclarative à une coopération productive, axée sur des résultats mesurables.

Industrie pharmaceutique : au-delà de la production, la régulation

Au cœur des discussions : la souveraineté pharmaceutique. Les ministres ont convenu de bâtir un partenariat stratégique centré sur :

Les responsables ont souligné que la souveraineté pharmaceutique ne se limite pas à la fabrication locale. Elle implique également un cadre réglementaire harmonisé, des systèmes robustes de contrôle qualité, une pharmacovigilance efficace et un investissement soutenu dans le développement des compétences.

Cette approche intégrée vise à consolider un écosystème pharmaceutique continental capable de réduire la dépendance extérieure tout en garantissant la sécurité et l’efficacité des produits de santé.

Transformation numérique : l’expérience du modèle « hôpital numérique »

Le ministre a également présenté l’expérience tunisienne en matière de transformation numérique du secteur sanitaire, notamment à travers le modèle de « l’hôpital numérique ».

Ce modèle repose sur la digitalisation des dossiers médicaux, l’interopérabilité des systèmes d’information et l’amélioration de la traçabilité des actes médicaux. Son adaptation aux contextes nationaux a été discutée, en tenant compte des exigences liées à la protection des données personnelles, aux infrastructures disponibles et aux priorités sanitaires propres à chaque pays.

La transformation numérique apparaît désormais comme un levier stratégique pour améliorer la gouvernance hospitalière, l’efficacité des services et l’accès aux soins.

Approche « One Health » : anticiper les crises sanitaires

Autre axe majeur : l’activation de l’approche « One Health », qui intègre les dimensions humaine, animale et environnementale de la santé.

Dans un continent confronté à des risques épidémiques récurrents, cette approche intersectorielle est perçue comme essentielle pour renforcer les capacités de préparation et de réponse aux urgences sanitaires.

L’Agence Africaine du Médicament : pilier de l’harmonisation réglementaire

En parallèle, le ministre a participé à la réunion de l’Agence africaine du médicament (AMA), réaffirmant l’engagement des États membres à soutenir son opérationnalisation.

L’harmonisation réglementaire portée par l’AMA vise à :

Les progrès réalisés dans la mise en place de l’Agence ont été salués comme une étape structurante vers une gouvernance pharmaceutique continentale plus cohérente.

Vers une nouvelle architecture sanitaire africaine

Au-delà des annonces, ces initiatives traduisent une évolution stratégique : passer d’une logique de dépendance à une logique de capacité, d’intégration et de résilience.

La coopération bilatérale, articulée aux mécanismes continentaux, pourrait ainsi contribuer à l’émergence d’un modèle africain de développement sanitaire fondé sur la souveraineté pharmaceutique, l’innovation numérique et la coordination réglementaire.

Dans un environnement mondial marqué par l’incertitude, cette dynamique pourrait constituer l’un des piliers d’une nouvelle architecture sanitaire africaine, plus autonome et mieux préparée aux défis futurs.

Billy N CONDÉ

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