Un nouveau rapport de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) révèle qu’un milliard de personnes dans le monde souffrent de troubles de santé mentale, notamment d’anxiété et de dépression. Ces maladies ont des effets dévastateurs sur la santé, la productivité et les économies, et nécessitent des investissements urgents et durables.
Un fardeau humain et économique majeur
Présents dans tous les pays et milieux sociaux, les troubles mentaux constituent la deuxième cause mondiale d’invalidité de longue durée. Le suicide, qui a entraîné environ 727 000 décès en 2021, demeure l’une des principales causes de mortalité chez les jeunes.
Malgré les engagements internationaux, la réduction du taux de suicide reste insuffisante : au rythme actuel, la baisse ne sera que de 12 % d’ici cinq ans, loin de l’objectif de –33 % fixé par les Nations Unies pour 2030.
Sur le plan économique, l’anxiété et la dépression représentent un coût colossal estimé à 1 000 milliards de dollars chaque année, en grande partie lié aux pertes de productivité.
Des politiques renforcées, mais un financement qui stagne
Les rapports World Mental Health Today et Mental Health Atlas 2024 indiquent que de nombreux pays ont mis à jour leurs politiques et intégré la santé mentale dans leurs plans d’urgence. Mais les réformes juridiques demeurent limitées : seuls 45 % des pays disposent de lois alignées sur les standards internationaux en matière de droits humains.
Le financement reste très insuffisant, représentant à peine 2 % des dépenses de santé, comme en 2017. Les écarts sont énormes : 65 USD par habitant dans les pays riches, contre seulement 0,04 USD dans les pays pauvres.
Des services encore trop inaccessibles
L’offre de soins progresse, mais lentement. Peu de pays ont pleinement adopté les soins de proximité, et près de la moitié des hospitalisations psychiatriques sont imposées sans consentement, avec des séjours qui dépassent souvent un an.
L’intégration de la santé mentale dans les soins primaires avance, mais les données manquent pour évaluer la couverture réelle. Dans les pays à faible revenu, moins de 10 % des personnes atteintes de psychoses bénéficient de soins, contre plus de 50 % dans les pays à revenu élevé.
Des initiatives prometteuses
Des avancées notables existent :
• plus de 80 % des pays intègrent aujourd’hui un soutien psychosocial dans les interventions d’urgence, contre 39 % en 2020 ;
• des programmes de prévention du suicide, de santé scolaire et de développement de la petite enfance se multiplient ;
• la télésanté et les services ambulatoires se développent, bien que l’accès reste inégal.
L’appel de l’OMS
L’OMS appelle les gouvernements et leurs partenaires à accélérer la transformation des systèmes de santé mentale autour de quatre priorités :
• un financement équitable ;
• des réformes juridiques et politiques alignées sur les droits humains ;
• un investissement massif dans les ressources humaines ;
• le développement de soins communautaires accessibles et centrés sur la personne.
« Investir dans la santé mentale, c’est investir dans l’avenir des sociétés et des économies », a déclaré le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS. « Les soins de santé mentale doivent être reconnus partout comme un droit fondamental. »
KABA
