Face à la menace persistante de la poliomyélite, le Malawi a intensifié ses efforts de prévention en lançant, début février 2026, une campagne nationale de vaccination d’urgence. L’objectif : protéger les enfants de moins de cinq ans contre cette maladie paralysante, après la détection d’un nouveau cas dans le pays. En seulement quatre jours, près de 1,3 million d’enfants ont reçu le nouveau vaccin antipoliomyélitique oral de type 2 (nOPV2), marquant une étape majeure dans la riposte sanitaire du pays.
Une mobilisation exemplaire et des résultats encourageants
Cette campagne de vaccination, conduite conformément aux recommandations de l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite (IMEP), a permis d’atteindre environ 97 % des enfants ciblés dans huit districts de la région sud du pays. Le district de Blantyre a enregistré la couverture la plus élevée, atteignant 109 %, grâce à une forte mobilisation communautaire et à la coordination efficace des équipes locales.
Des campagnes supplémentaires sont prévues pour atteindre 42 000 enfants supplémentaires qui n’ont pas pu être vaccinés lors de la première phase.
Des autorités pleinement engagées et un appui constant de l’OMS
Lors du lancement de l’initiative, le Dr Charles Chilambula, vice-ministre de la Santé et de l’Assainissement, a rappelé l’importance de la prévention :
« La polio est une maladie invalidante qui peut causer un handicap à vie, voire entraîner la mort. Mais elle est évitable grâce à la vaccination, une bonne hygiène personnelle et un assainissement adéquat. »
Le Malawi a reçu 1,7 million de doses de vaccin nOPV2 du Groupe international de coordination pour la vaccination le 10 février 2026. En moins de 12 heures, les doses ont été distribuées dans les districts ciblés, permettant un démarrage immédiat de la campagne. Deux autres vagues nationales sont prévues au cours de l’année.
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a soutenu le ministère de la Santé dans la coordination logistique et la formation des vaccinateurs. Elle a également contribué à la gestion des données, au suivi en temps réel de la couverture vaccinale et à l’évaluation de la qualité des campagnes.
« Cette campagne illustre les efforts conjoints déployés pour interrompre la transmission de la polio », a déclaré le Dr Charles Njuguna, représentant par intérim de l’OMS au Malawi.
Une forte implication communautaire
Les communautés locales ont joué un rôle déterminant dans le succès de la campagne. Les agents de mobilisation sociale, leaders religieux et chefs traditionnels ont travaillé ensemble pour contrer la désinformation et encourager la vaccination. Grâce à ces efforts, 45 des 84 foyers initialement réticents ont finalement accepté de vacciner leurs enfants.
Une surveillance renforcée après la détection d’un nouveau cas
Conformément aux directives de l’IMEP, le Malawi a mené une enquête épidémiologique et sociale approfondie après la détection du poliovirus de type 2 dérivé d’une souche vaccinale chez un enfant de 7 ans non vacciné. Ce type de virus apparaît généralement dans les zones où les taux de vaccination sont faibles.
Les autorités ont interrogé 22 membres de la communauté afin d’identifier les freins socioculturels à la vaccination, tout en menant une recherche active de cas pour s’assurer de l’absence de toute transmission secondaire.
Grâce à cette réaction rapide, le Malawi confirme sa détermination à éliminer définitivement la polio et à garantir la protection de chaque enfant contre cette maladie évitable.
KABA
