Addis-Abeba — L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) pour l’Afrique a lancé le Centre régional africain des données de santé (RDHUB), une nouvelle plateforme destinée à rassembler les données sanitaires des 47 États membres de la Région africaine. L’objectif est de faciliter leur accès et leur analyse afin d’aider les pays à prendre des décisions mieux fondées.
La plateforme intervient alors que les informations sanitaires restent souvent dispersées entre plusieurs systèmes. Le RDHUB doit permettre de réunir ces données et de faire ressortir les principales tendances, les besoins prioritaires et les évolutions de la situation sanitaire.
« Aucun pays de notre région ne devrait avoir à prendre des décisions sanitaires critiques sans disposer des informations nécessaires », a déclaré le Dr Abdouramane Diallo, de l’OMS Afrique.
Le RDHUB compte actuellement 53 ensembles de données et 7 965 indicateurs. Selon l’OMS, 65 % des ensembles de données ont déjà été intégrés et les données de 45 % des indicateurs sont accessibles sur le portail. L’objectif est de porter l’intégration à 80 % d’ici fin 2026.
Concrètement, les données pourront être croisées pour mieux orienter les interventions. Dans le domaine de la vaccination, par exemple, les informations sur la population, la couverture vaccinale et la surveillance des maladies pourront être combinées afin d’identifier les zones insuffisamment couvertes ou présentant un risque élevé.
La plateforme ne remplace toutefois pas les systèmes nationaux. Les pays restent propriétaires de leurs données. L’OMS veut surtout favoriser leur interopérabilité, améliorer leur qualité et permettre une utilisation plus efficace des informations disponibles.
« La prise de décision fondée sur des données probantes est très, très importante et utile », a souligné le ministre gambien de la Santé, Ahmadou Lamin Samateh.
L’OMS prévoit par ailleurs d’enrichir progressivement la plateforme avec de nouveaux indicateurs, des profils nationaux plus complets et davantage d’outils d’intelligence artificielle pour faciliter l’analyse et l’aide à la décision.
Avec ce centre, l’OMS Afrique veut donc passer d’une logique de simple collecte de données à une utilisation plus concrète de ces informations pour mieux anticiper les risques, cibler les ressources et améliorer les réponses sanitaires dans la Région.
Aliya SOUMAH








