À quelques jours des élections législatives prévues le 23 septembre au Maroc, la santé publique s’impose comme l’un des principaux sujets de préoccupation des électeurs. Malgré les réformes engagées par les autorités, l’accès aux soins et les conditions de prise en charge restent difficiles pour une partie de la population.
Cette situation avait notamment été mise en lumière après la mort de huit femmes, à la suite de césariennes, à l’hôpital régional d’Agadir, un an auparavant. Cet événement avait contribué à alimenter le mouvement de contestation GenZ 212, qui dénonçait notamment les difficultés rencontrées dans les services publics.
Au CHU Ibn Rochd de Casablanca, les témoignages recueillis illustrent les difficultés auxquelles certains patients et leurs proches sont confrontés. Mariam*, venue prendre des nouvelles d’un proche plongé dans le coma après un accident de la route, s’inquiète autant de son état de santé que du coût de sa prise en charge.
« On a peur qu’on nous demande une opération à un prix exorbitant. Dans ce cas-là, soit tu ramènes l’argent, soit le patient reste là-bas, tu n’as pas le choix », témoigne-t-elle.
Selon elle, certaines familles doivent également compter sur l’aide de bienfaiteurs pour financer les soins. Elle dénonce par ailleurs les conditions observées dans l’établissement, évoquant notamment des patients installés à même le sol et des situations qu’elle juge difficiles.
Des promesses des partis sur la santé
À l’approche du scrutin du 23 septembre, les principaux partis politiques marocains placent la santé publique parmi leurs priorités. Ils promettent notamment de renforcer les infrastructures sanitaires et les effectifs médicaux. Toutefois, les engagements annoncés ne sont pas toujours accompagnés de chiffres précis sur les moyens qui leur seraient consacrés.
Pour certains patients, les difficultés tiennent aussi à l’organisation des services. Hamid, 19 ans, venu consulter pour une fracture de la mâchoire, estime avoir été correctement pris en charge.
« J’ai vu un médecin, j’ai fait une radio, c’était tranquille. C’est juste qu’il y a un manque d’organisation », explique-t-il.
Malgré cette expérience plutôt positive, le jeune homme dit préférer les établissements privés lorsqu’il doit choisir entre une clinique privée et un hôpital public. Selon lui, « la prise en charge y est meilleure ».
Cette perception contribue à l’essor du secteur privé. Au Maroc, le nombre de cliniques privées a augmenté de près de 30 % entre 2017 et 2024.
À l’approche des législatives, la question de l’accès aux soins, du financement du système de santé et des conditions de travail dans les établissements publics reste donc au centre des attentes d’une partie de la population marocaine.
Mohamed Lamine Diaouné
