Paris – Le Sommet One Health a pris fin ce mardi 07 avril 2026. En marge de cette rencontre tenue à Lyon, la Guinée a franchi une étape décisive dans la transformation de son système de santé. La Ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique, Khaïté SALL, a engagé une offensive diplomatique de haut niveau en vue de repositionner durablement la santé mentale au cœur des priorités nationales.
Au centre de cette dynamique, une rencontre stratégique avec le Centre Hospitalier Le Vinatier, établissement de référence en psychiatrie basé à Lyon. La délégation française était conduite par son Directeur Général, Pascal Mariotti, accompagné d’experts engagés de longue date aux côtés de la Guinée, dont la Dre Marion Perin-Dureau et M. Rémy Louchard.
Un projet structurant : l’Institut National de Santé Mentale
Point d’orgue des échanges : la mise en place prochaine d’un Institut National de Santé Mentale, un projet ambitieux appelé à devenir un pilier du renouveau sanitaire guinéen.
Longtemps reléguée au second plan, la prise en charge des troubles mentaux s’impose désormais comme une urgence de santé publique. À travers cette initiative, les autorités entendent combler un déficit historique en infrastructures spécialisées, en ressources humaines qualifiées et en dispositifs d’accompagnement adaptés.
« Ce projet vise à sortir la santé mentale de la périphérie des soins pour en faire un socle central de notre système », a souligné la Ministre Khaïté SALL.
Une coopération structurée autour de trois axes majeurs
Le partenariat entre le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique (MSHP) et le Centre Hospitalier Le Vinatier repose sur une approche pragmatique et durable, articulée autour de trois priorités stratégiques : développer des infrastructures adaptées en créant des centres spécialisés conformes aux standards internationaux, tout en tenant compte des réalités socioculturelles locales, lutter contre la stigmatisation en promouvant la prise en charge respectueuse des droits humains, visant à restaurer la dignité des patients et à favoriser leur inclusion sociale et renforcer les compétences nationales par le transfert d’expertise à travers la formation de professionnels de santé guinéens, afin de bâtir un modèle autonome et résilient.
Une diplomatie sanitaire au service de la transformation
Au-delà d’un simple partenariat technique, cette initiative s’inscrit dans une vision plus large de diplomatie sanitaire proactive. En mobilisant des institutions de référence internationales, la Guinée affirme sa volonté de construire un système de santé souverain, performant et inclusif.
Cette démarche répond également aux ambitions portées par le programme Simandou 2040, qui vise à accélérer le développement structurel du pays, notamment dans le secteur social.
Vers un nouveau paradigme de santé publique
Avec ce projet d’Institut National de Santé Mentale, la Guinée amorce un changement de paradigme : intégrer pleinement le bien-être psychologique dans les politiques publiques de santé.
Ce tournant stratégique pourrait, à terme, améliorer significativement la qualité de vie des populations, réduire les inégalités d’accès aux soins et renforcer la résilience du système sanitaire face aux défis contemporains.
Billy N. CONDÉ








