Un mois après l’annonce de la 17e épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, la situation sanitaire continue de se détériorer dans la province de l’Ituri, devenue le principal foyer de contamination. Selon l’organisation Médecins Sans Frontières, près de 95 % des cas confirmés y sont enregistrés.
À Bunia, chef-lieu de l’Ituri, les centres de traitement sont sous forte pression face à l’afflux de patients. Les autorités sanitaires rapportent une augmentation des décès, certains malades succombant moins de 48 heures après leur prise en charge. Les retards dans l’obtention des résultats de laboratoire compliquent davantage le diagnostic et la gestion des cas.
À ce jour, 782 cas confirmés ont été recensés. Toutefois, les spécialistes estiment que le bilan réel pourrait être plus élevé en raison des difficultés de surveillance dans certaines zones encore peu accessibles.
La mobilité des populations constitue également un défi majeur. Malgré la fermeture des postes-frontières officiels avec l’Ouganda, de nombreux déplacements se poursuivent par des voies informelles, notamment autour du lac Albert, une zone stratégique pour le commerce et la pêche.
Cette circulation favorise l’extension de l’épidémie vers de nouvelles localités, y compris dans la province du Nord-Kivu, où plusieurs cas ont récemment été signalés.
Face à l’évolution préoccupante de la situation, les autorités congolaises et les organisations humanitaires appellent à un renforcement de la surveillance épidémiologique, à une meilleure détection des cas et à un contrôle accru des mouvements transfrontaliers afin de freiner la propagation du virus.
Mohamed Lamine Diaouné








