Plus de 168 millions d’enfants vaccinés en neuf mois : l’Afrique poursuit sa mobilisation contre la poliomyélite. Malgré les progrès réalisés, la circulation de certains poliovirus rappelle que l’éradication de cette maladie reste un défi majeur de santé publique.
À l’occasion de la Journée mondiale contre la poliomyélite, célébrée chaque année le 24 octobre, l’Afrique renouvelle son engagement dans la lutte contre cette maladie qui touche principalement les enfants de moins de cinq ans. Les résultats enregistrés au cours des neuf premiers mois de 2026 témoignent des efforts importants déployés sur le continent. Mais ils rappellent également qu’il reste du chemin à parcourir avant de parvenir à interrompre définitivement la transmission du virus.
Selon les données communiquées par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), plus de 168 millions d’enfants ont reçu au moins une dose de vaccin contre la polio entre janvier et septembre 2026, dans le cadre de 55 cycles de campagnes organisés dans 22 pays africains.
Derrière ces chiffres, il y a des équipes de santé mobilisées sur le terrain, des agents qui vont à la rencontre des familles et des communautés qui participent à la protection des enfants. Ces campagnes jouent un rôle essentiel pour renforcer l’immunité collective et limiter la circulation du virus dans les zones les plus exposées.
Des progrès encourageants, mais une vigilance toujours nécessaire
Au fil des années, les efforts de vaccination ont considérablement changé la situation de la poliomyélite dans le monde. Depuis 1988, les cas de poliomyélite sauvage ont diminué de plus de 99 %. Cette avancée est le résultat d’un engagement collectif réunissant les gouvernements, les professionnels de santé et les partenaires internationaux.
En Afrique, une étape historique a été franchie en août 2020, lorsque la Région africaine de l’OMS a été certifiée exempte de poliovirus sauvage indigène.
Cette victoire a marqué un tournant important pour le continent. Toutefois, elle ne signifie pas que toutes les formes de poliovirus ont disparu. Des poliovirus circulants dérivés de souches vaccinales continuent d’être détectés dans plusieurs pays. Lorsque ces virus circulent pendant une période prolongée dans des populations insuffisamment immunisées, ils peuvent provoquer de nouvelles flambées.
La baisse de 33 % des détections signalée dans les données disponibles constitue un signe encourageant. Elle doit néanmoins être interprétée avec prudence, en tenant compte de la période étudiée, des types de poliovirus concernés et de l’évolution des activités de surveillance.
La détection de poliovirus de types 1 et 3 rappelle notamment que la vigilance reste indispensable. Les systèmes de surveillance doivent continuer à fonctionner efficacement afin de permettre aux équipes sanitaires d’intervenir rapidement dès qu’un nouveau foyer est identifié.
La vaccination, au cœur de la riposte africaine
Pour les autorités sanitaires, l’objectif est clair : faire en sorte que chaque enfant puisse bénéficier de la protection offerte par la vaccination, y compris dans les zones reculées et les communautés difficiles d’accès.
Dans certaines régions, les conflits, les déplacements de populations et les difficultés d’accès aux services de santé compliquent le travail des équipes. Des enfants risquent alors de ne pas recevoir toutes les doses nécessaires à leur protection.
Les campagnes de vaccination de masse permettent de rattraper une partie de ces retards et de compléter la vaccination de routine. Elles sont particulièrement importantes dans les zones où le risque de transmission est élevé.
Mais la lutte contre la polio ne se limite pas à l’administration des vaccins. Elle repose aussi sur une surveillance épidémiologique efficace, des capacités de diagnostic fiables, une bonne coordination entre les pays et une communication adaptée aux réalités des communautés.
L’implication des familles reste tout aussi importante. En expliquant le rôle des vaccins, en répondant aux préoccupations des parents et en facilitant l’accès aux services de santé, les agents de santé et les relais communautaires contribuent directement à la protection des enfants.
Guinée : maintenir les efforts pour protéger chaque enfant
En Guinée, la lutte contre la poliomyélite s’inscrit dans cette mobilisation régionale. Les activités de vaccination et les campagnes de riposte visent à renforcer la protection des enfants et à réduire le risque de circulation du virus.
Sur le terrain, plusieurs difficultés peuvent cependant compliquer ces efforts. Dans certaines localités, l’éloignement des structures sanitaires, les déplacements des populations et les retards de vaccination peuvent laisser des enfants insuffisamment protégés.
C’est pourquoi la vaccination de routine doit rester une priorité, en complément des campagnes ponctuelles.
Aller à la rencontre des familles, notamment dans les villages éloignés et les communautés peu desservies, demeure essentiel. La sensibilisation des parents, le suivi des enfants et l’implication des responsables communautaires permettent de mieux identifier les besoins et de réduire les lacunes de couverture vaccinale.
Pour préserver les progrès accomplis, les autorités sanitaires et leurs partenaires doivent poursuivre leurs efforts afin qu’aucun enfant ne soit oublié.
Un engagement collectif pour un avenir sans polio
La Journée mondiale contre la polio est bien plus qu’une simple date dans le calendrier sanitaire. Elle rappelle que l’éradication de cette maladie dépend de la continuité des efforts, de la disponibilité des ressources et de la coopération entre les pays.
Les millions d’enfants vaccinés en 2026 témoignent de l’ampleur de la mobilisation engagée sur le continent. Mais tant que le virus continue de circuler dans certaines communautés, le risque de nouvelles flambées reste présent.
Aminata Allah Fama Camara







