République démocratique du Congo – Face à l’évolution de l’épidémie de maladie à virus Ebola dans la province de l’Ituri, en République démocratique du Congo (RDC), les autorités sanitaires et leurs partenaires renforcent progressivement les capacités de prise en charge des patients.
L’expérience du Dr Patrick Oparpio, gynécologue à Bunia, illustre l’importance d’un diagnostic et d’une prise en charge précoces. Après avoir attribué ses premiers symptômes au paludisme ou à la fièvre typhoïde, il s’est soigné à domicile pendant plusieurs jours. L’apparition de diarrhées, de vomissements et d’une importante perte de poids l’a finalement conduit dans un centre de traitement Ebola (CTE), où il a été testé positif.
Arrivé dans un état de grande faiblesse, le médecin a bénéficié d’une prise en charge médicale et psychologique qui lui a permis de surmonter la maladie. Après 20 jours d’hospitalisation, il a finalement été déclaré guéri.
Des capacités fortement renforcées
Alors que le nombre de patients évolue, les équipes sanitaires adaptent continuellement leur organisation afin de maintenir la qualité des soins. Plus de 4 000 professionnels de santé supplémentaires ont ainsi été mobilisés pour renforcer la réponse.
Au 1er septembre 2026, la province de l’Ituri comptait 25 structures de prise en charge, dont 15 centres de traitement Ebola et 10 centres de transit. Ces structures, réparties dans 19 zones de santé, disposent d’une capacité totale de 974 lits.
À l’échelle des provinces touchées, 59 structures étaient opérationnelles, pour une capacité de 1 346 lits, contre 929 lits dans 33 structures au 27 juillet. Cette progression marque une nette évolution depuis le début de la réponse, le 19 mai 2026, lorsque seul un centre de traitement de neuf lits était opérationnel.
Pour l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), l’objectif est de pouvoir répondre rapidement à chaque alerte tout en garantissant des soins adaptés aux patients.
« Notre priorité est de veiller à ce que chaque patient bénéficie de soins de qualité, même face à l’augmentation du nombre de cas », explique la Dre Marta Lado, responsable du pilier prise en charge à l’OMS.
Une pression particulièrement forte à Bunia
Malgré le renforcement des capacités, la pression demeure importante dans plusieurs centres. Le taux global d’occupation des lits en Ituri atteint actuellement 62,2 %, tandis que certains centres de traitement à Bunia affichent des taux compris entre 90 % et 100 %.
Cette situation nécessite la poursuite des efforts pour disposer de suffisamment de lits, de personnels qualifiés, de médicaments, de fournitures biomédicales et de matériel de réanimation.
Au cours des trois prochains mois, les besoins sont estimés à plus de 6 200 personnels supplémentaires, ainsi qu’à des milliers d’équipements de réanimation destinés à accompagner l’ouverture de 2 071 lits opérationnels supplémentaires.
L’importance d’une prise en charge précoce
Les partenaires de la réponse, parmi lesquels le Fonds mondial, le FCDO, l’UNCERF, ECHO, la Banque africaine de développement ainsi que les gouvernements allemand et suisse, contribuent également à renforcer les centres de traitement grâce à des médicaments et des équipements.
Pour les équipes médicales, l’organisation des centres joue un rôle essentiel dans la prévention des risques et l’amélioration des soins. La création des CTE a notamment permis de séparer les patients suspects ou confirmés des autres malades et de mieux organiser les circuits de soins.
Après son rétablissement, le Dr Oparpio appelle les personnes présentant des symptômes à consulter rapidement.
« Plus la prise en charge est précoce, plus les chances de guérison sont grandes », souligne-t-il.
Selon les équipes sanitaires, les patients pris en charge suffisamment tôt peuvent généralement quitter le centre après une dizaine de jours, voire après cinq à sept jours lorsque le traitement intervient à un stade très précoce de l’infection.
L’expérience du Dr Oparpio rappelle ainsi que, malgré la gravité de la maladie à virus Ebola, une prise en charge rapide, adaptée et de qualité peut permettre aux patients de guérir.
Abdoulaye KABA
