Le monde fait face à une véritable bombe à retardement sanitaire. Si rien n’est fait, le nombre de nouveaux cas de cancer pourrait atteindre 35 millions par an d’ici 2050, contre 20,6 millions en 2024. C’est le constat alarmant dressé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans son Rapport mondial sur le cancer 2026, qui appelle les États à agir sans attendre pour éviter une aggravation de la situation.
Cette progression de près de 70 % s’explique principalement par le vieillissement de la population, la croissance démographique et la persistance de facteurs de risque évitables comme le tabagisme, la consommation d’alcool, l’obésité, la mauvaise alimentation, la pollution et le manque d’activité physique.
Des millions de personnes privées de soins
Au-delà de l’augmentation du nombre de malades, l’OMS met en garde contre les profondes inégalités qui persistent dans l’accès aux soins.
L’exemple du cancer du sein est révélateur : dans les pays à revenu élevé, près de 85 % des patientes survivent à la maladie, grâce à un dépistage précoce et à des traitements performants. En revanche, dans les pays les plus pauvres, ce taux tombe à environ 40 %, faute d’un diagnostic rapide et d’un accès suffisant aux traitements.
Le rapport souligne également que seuls 39 % des pays garantissent un accès minimal aux traitements essentiels contre le cancer, laissant des millions de personnes sans prise en charge adaptée.
Le coût du cancer plonge des famille dans la précarité
Le cancer ne menace pas seulement la santé : il fragilise aussi les économies familiales.
Selon l’OMS, plus d’un patient sur deux et leurs proches sont confrontés à des dépenses de santé catastrophiques. Dans de nombreux pays, les coûts des examens, des médicaments, des interventions chirurgicales ou encore des déplacements vers les centres spécialisés obligent les familles à s’endetter, vendre leurs biens ou renoncer à certains soins.
L’obésité et la sédentarité deviennent des facteurs de risque majeurs
Alors que les politiques de lutte contre le tabac commencent à produire des résultats dans plusieurs régions du monde, l’OMS attire désormais l’attention sur la progression de l’obésité et de la sédentarité.
Ces deux phénomènes, associés à une alimentation déséquilibrée, augmentent le risque de développer plusieurs types de cancers, notamment ceux du sein, du côlon, de l’endomètre, du foie et de l’œsophage.
Pour les experts, une part importante de ces cancers pourrait être évitée grâce à l’adoption de modes de vie plus sains, à la vaccination contre certains virus responsables de cancers, ainsi qu’au dépistage précoce.
Un appel à investir davantage dans la prévention
Face à ces perspectives préoccupantes, l’OMS appelle les gouvernements à renforcer les politiques de prévention, à améliorer les programmes de dépistage, à garantir un accès équitable aux traitements et à accélérer les investissements dans les systèmes de santé.
L’organisation estime que ces mesures permettraient non seulement de sauver des millions de vies, mais aussi de réduire les inégalités qui continuent de priver de nombreux patients d’une prise en charge efficace.
À l’heure où le cancer s’impose comme l’un des principaux défis de santé publique du XXIᵉ siècle, l’OMS rappelle qu’une action rapide et coordonnée demeure la meilleure arme pour freiner sa progression.
Par Mohamed Lamine Diaouné








