Conakry — La Guinée intensifie sa stratégie de prévention face à quatre menaces sanitaires majeures. Pendant 30 jours, le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique mobilisera autorités locales, professionnels de santé, médias, organisations de la société civile et acteurs communautaires autour d’une campagne nationale consacrée à la diphtérie, la Mpox, la rage et la résistance aux antimicrobiens (RAM).
18 août 2026 | Par la Rédaction Santé Info
À travers le Service national de prévention et de santé (SNPS), cette initiative lancée ce mardi 18 août 2026, soutenue par la Banque mondiale dans le cadre du projet PReSeS-AOC, vise à rapprocher l’information sanitaire des populations et à encourager l’adoption de comportements susceptibles de réduire les risques.
La prévention au cœur de la sécurité sanitaire
Face aux menaces infectieuses, la prévention constitue l’une des premières lignes de défense du système de santé.
Durant trente jours, des messages de sensibilisation seront diffusés à travers différents canaux, notamment les radios, les réseaux sociaux et les caravanes communautaires. L’objectif est de renforcer les connaissances des populations sur les risques sanitaires, mais aussi de favoriser des comportements adaptés : vaccination, consultation précoce, respect des recommandations médicales et abandon de certaines pratiques à risque.
La campagne repose sur une mobilisation multisectorielle associant autorités administratives et locales, professionnels de santé, leaders communautaires, médias et organisations de la société civile.
Une stratégie qui vise à intervenir en amont, avant que les situations sanitaires ne deviennent plus difficiles à maîtriser.
Diphtérie : maintenir la vigilance autour de la vaccination
Parmi les quatre priorités figure la diphtérie, une maladie infectieuse potentiellement grave contre laquelle la vaccination constitue un moyen essentiel de prévention.
La campagne entend notamment renforcer la sensibilisation autour de l’importance de la vaccination et de la nécessité de consulter rapidement en présence de signes évocateurs.
L’information des familles et la mobilisation des communautés constituent ainsi des leviers importants pour maintenir la vigilance et favoriser le recours aux services de santé.
Mpox : mieux connaître les risques pour mieux se protéger
La Mpox fait également partie des menaces ciblées par la campagne.
L’information sur les modes de transmission, les signes de la maladie et les comportements permettant de limiter les risques doit contribuer à réduire la circulation des fausses informations et à favoriser une réaction appropriée face à une situation suspecte.
Pour les autorités sanitaires, l’enjeu est aussi de permettre aux communautés de disposer d’une information claire, accessible et fiable.
Rage : chaque exposition doit être prise au sérieux
La rage constitue une autre priorité de cette campagne nationale.
Après une morsure ou une exposition potentiellement à risque, le recours rapide aux services de santé peut être déterminant. La sensibilisation vise donc à rappeler les bons réflexes et à éviter que certaines pratiques ou croyances ne retardent la prise en charge.
La prévention de la rage illustre particulièrement l’importance d’une approche associant santé humaine, santé animale et action communautaire.
Résistance aux antimicrobiens : une menace silencieuse
La résistance aux antimicrobiens (RAM) représente une menace d’une autre nature, mais dont les conséquences peuvent être considérables.
Lorsque les antimicrobiens sont utilisés de manière inappropriée ou excessive, des microorganismes peuvent développer des mécanismes de résistance aux traitements. Certaines infections deviennent alors plus difficiles à soigner, ce qui peut accroître la durée des traitements, les coûts de prise en charge et les risques pour les patients.
La lutte contre la RAM passe notamment par une utilisation responsable des médicaments.
Éviter l’automédication, ne pas prendre d’antibiotiques sans indication médicale et respecter les prescriptions des professionnels de santé font partie des comportements que la campagne entend promouvoir.
Sept zones mobilisées sur le terrain
Le dispositif prévoit des activités de sensibilisation dans plusieurs localités du pays, notamment Kankan, N’Zérékoré, Faranah, Labé, Kindia, Mamou et Ratoma.
Cette implantation territoriale traduit la volonté de combiner communication nationale et proximité communautaire.
Dans les quartiers et les communautés, les relais locaux peuvent jouer un rôle essentiel pour expliquer les risques, déconstruire les fausses informations et orienter les populations vers les structures de santé.
L’objectif est de faire de la prévention un réflexe quotidien, et pas seulement une réponse ponctuelle lors d’une épidémie ou d’une alerte sanitaire.
« Une Seule Santé » : une approche au cœur de la prévention
La campagne s’inscrit également dans l’approche « Une Seule Santé » (One Health), qui reconnaît l’interdépendance entre la santé humaine, la santé animale et l’environnement.
Cette approche est particulièrement pertinente pour des problématiques telles que la rage et la résistance aux antimicrobiens, mais aussi pour la surveillance et la prévention des risques infectieux.
Elle invite à dépasser une approche strictement médicale de la santé pour privilégier une réponse coordonnée, multisectorielle et communautaire.
Pour la Guinée, cette orientation contribue à renforcer une vision intégrée de la sécurité sanitaire : prévenir, surveiller, informer et agir collectivement.
Les populations, premières actrices de la prévention
La réussite de cette campagne dépendra largement de l’appropriation des messages par les populations.
Vaccination, consultation précoce en cas de symptômes préoccupants, recours aux professionnels de santé après une exposition à risque, utilisation responsable des médicaments et adoption de comportements préventifs constituent autant de gestes qui peuvent contribuer à réduire les risques sanitaires.
Dans cette dynamique, la communication sanitaire ne doit pas être considérée comme un simple accompagnement des interventions médicales.
Elle devient un véritable outil de santé publique, capable d’informer, d’alerter, de prévenir les comportements à risque et de renforcer la capacité des communautés à participer à leur propre protection.
Quatre menaces, un même objectif : prévenir avant qu’il ne soit trop tard
À travers cette campagne nationale de 30 jours, la Guinée entend renforcer une culture de prévention autour de quatre problématiques différentes mais complémentaires : la diphtérie, la Mpox, la rage et la résistance aux antimicrobiens.
Le message est clair : face aux risques sanitaires, la réponse ne repose pas uniquement sur les établissements de santé. Elle commence aussi dans les familles, les communautés, les médias et les comportements quotidiens.
