Le Burkina Faso vient de franchir une étape majeure dans l’histoire de sa médecine. Le mardi 29 juillet 2025, le Centre hospitalier universitaire (CHU) de Tengandogo à Ouagadougou a réalisé avec succès la toute première transplantation rénale du pays. L’annonce a été faite ce mercredi 30 juillet, à l’occasion d’une conférence de presse animée par le ministre de la Santé, Dr Robert Kargougou.
Cette prouesse médicale marque un tournant décisif pour le système de santé burkinabè. Elle s’inscrit dans le cadre d’un projet stratégique porté par les autorités sanitaires, sous l’impulsion du Chef de l’État, visant à renforcer l’autonomie du pays en matière de soins spécialisés. L’objectif est de réduire la dépendance aux évacuations sanitaires à l’étranger, tout en améliorant la prise en charge des patients souffrant d’insuffisance rénale chronique terminale.
La conférence de presse a réuni plusieurs personnalités, notamment l’ambassadeur de Türkiye au Burkina Faso et sa délégation, les représentants du corps médical, ainsi que des professionnels des médias. Tous ont salué l’importance de cette avancée pour le pays.
Le ministre de la Santé, Dr Robert Kargougou, a souligné que cette première transplantation rénale est une avancée majeure vers la souveraineté sanitaire. « Cette réussite symbolise le renforcement de notre offre de soins spécialisés, grâce à une collaboration étroite entre les équipes médicales burkinabè et turques », a-t-il déclaré. Selon lui, cette dynamique ouvre la voie à d’autres interventions complexes sur le sol burkinabè.
Le Directeur général du CHU de Tengandogo, Lin Somda, a exprimé sa fierté face à cette réussite, fruit de 13 mois de travail intensif. Il a salué le soutien de la Fondation turque de don d’organes, qui a joué un rôle déterminant en contribuant à la formation du personnel et à l’installation des infrastructures nécessaires.
De son côté, le Professeur Ali Özer, chef de la délégation turque, a qualifié l’intervention de modèle de coopération réussie. Il a précisé que la donneuse a été opérée par voie laparoscopique, sans complication, et que le rein greffé fonctionne parfaitement chez la receveuse. « Ce succès est le fruit de deux années de collaboration rigoureuse et d’un travail d’équipe exemplaire », a-t-il affirmé.
Le Dr Boureima Ouédraogo, urologue au CHU de Tengandogo, a expliqué que cette intervention a nécessité une longue préparation, incluant des formations techniques et des évaluations médicales poussées. Il a confirmé que l’opération s’est déroulée sans incident, et que le rein transplanté fonctionne normalement.
Quant au Professeur Gérard Coulibaly, néphrologue et Coordonnateur du Programme national de transplantation, il a salué une avancée historique qui constitue un véritable espoir pour les patients atteints d’insuffisance rénale. Il a rappelé que le programme national encadre l’ensemble des activités liées au don et à la greffe d’organes, de tissus et de cellules humaines au Burkina Faso.
En clôture, le ministre a adressé ses remerciements au président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, pour son engagement dans la modernisation du système de santé. Il a également salué la qualité de la coopération avec la Türkiye, qui a permis un transfert de compétences bénéfique aux jeunes médecins burkinabè.
Avec cette première transplantation rénale, le Burkina Faso entre dans une nouvelle ère de la médecine spécialisée, et pose les jalons d’une autonomie sanitaire durable.
Abdoulaye KABA








