Le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique a procédé, ce mardi à Coyah, au lancement de la Plateforme Nationale Technique Multisectorielle de la Santé Communautaire et de la Médecine
Traditionnelle.
Cette initiative vise à renforcer la coordination des interventions et à favoriser une approche plus intégrée du développement de la santé communautaire en Guinée.
Prévue du 15 au 18 septembre 2026, la rencontre rassemble des représentants des départements ministériels concernés, des cadres des structures régionales de santé, des organisations de la société civile ainsi que des Partenaires Techniques et Financiers.
Les travaux sont consacrés à plusieurs enjeux structurants pour le système de santé communautaire, notamment le financement, la gouvernance, les ressources humaines, la décentralisation et la digitalisation du système d’information sanitaire.
Vers un financement plus durable de la santé communautaire
Au-delà du cadre de concertation, la mise en place de cette plateforme s’inscrit dans une réflexion plus large sur la pérennisation des interventions de santé communautaire. Le ministère souhaite notamment renforcer la coordination entre les différents acteurs et favoriser un financement davantage inscrit dans les mécanismes nationaux.
L’objectif affiché est de rapprocher progressivement le financement de la santé communautaire du Budget National de Développement (BND), afin de réduire la dépendance aux financements liés aux projets et programmes spécifiques.
Cette orientation intervient dans un contexte où la durabilité des interventions communautaires constitue un enjeu majeur pour la continuité des services de santé au niveau local. Elle suppose notamment une meilleure articulation entre les politiques nationales, les collectivités, les structures sanitaires, les acteurs communautaires et les partenaires au développement.
Gouvernance, ressources humaines et digitalisation au cœur des échanges
La plateforme doit également permettre d’aborder les questions liées à la gouvernance du dispositif de santé communautaire et à la disponibilité des ressources humaines nécessaires à son fonctionnement.
La décentralisation figure également parmi les axes de discussion, avec l’enjeu de renforcer la prise en compte des réalités et des besoins sanitaires au niveau territorial.
La digitalisation du système d’information sanitaire constitue un autre volet important des échanges. Le développement d’outils numériques adaptés doit contribuer à améliorer la disponibilité, la circulation et l’utilisation des données nécessaires au pilotage des interventions de santé communautaire.
À travers cette plateforme multisectorielle, le Ministère de la Santé et de l’Hygiène Publique entend ainsi créer un espace permanent de dialogue technique entre les différentes parties prenantes et favoriser une meilleure cohérence des interventions.
Le lancement de cette initiative traduit la volonté des autorités sanitaires de consolider progressivement un système de santé communautaire mieux coordonné, plus durable et davantage centré sur les besoins des populations, en renforçant à la fois sa gouvernance, son financement et ses outils de pilotage.
Aminata Allah Fama Camara
