L’académie des Sciences de Guinée a organisé ce samedi 5 juillet 2025 à l’université Gamal Abdel Nasser de Conakry, un colloque sur « la résistance aux antimicrobiens » (RAM). La cartographie actuelle de la RAM en Guinée (tendances, points chauds et défis émergents) était l’une des thématiques débattues lors des échanges qui a mobilisé plusieurs scientifiques et experts en médecine.
Selon le professeur Abdoulaye Touré du centre de recherche et formation en infectiologie de Guinée (CERFIG), membre correspondant de l’ASG, des équipes travaillent sur la résistance des antimicrobiens en Guinée à travers l’approche One Health, en prélevant les patients pour savoir les germes qu’ils ont et qui sont résistants aux antibiotiques, en faisant l’écouvillonnage de leur environnement hospitalier à l’hôpital et également en prélevant les eaux usées des égouts du milieu hospitalier et du milieu communautaire avec des proportions sont inquiétantes.
« Aujourd’hui, nos collègues professionnels de santé à l’hôpital sont obligés de recourir aux molécules les plus chères, qui sont chères mais qui sont aussi inaccessibles. Donc ça peut poser beaucoup de problèmes et ça fera beaucoup de décès. C’est un problème aussi grave que la COVID ou les autres épidémies que vous avez connues », a-t-il prévenu.
Le ministre de la santé a réitéré l’engagement du gouvernement guinéen à freiner la propagation de la RAM.
« Le ministère de la Santé et de l’hygiène publique, à travers la direction nationale des laboratoires, a pris plusieurs initiatives, dont l’élaboration et l’adoption d’un plan d’action national de lutte contre la RAM pour la période 2025-2029, qui a été présenté le 4 juillet 2025, lors de la troisième édition de la Journée nationale de biologie médicale. La lutte contre le trafic de faux médicaments, réduisant ainsi la consommation abusive des antimicrobiens, la révision de la loi pharmaceutique avec un accent particulier sur la prescription et la dispensation des antimicrobiens, surtout des antibiotiques, la révision de tous les algorithmes de prise en charge en tenant compte de la nouvelle écologie microbienne, et tant d’autres », a-t-il affirmé.
La Guinée se met en ordre de bataille déjà. En plus de ce colloque qui pose le débat, le système de santé dispose de 13 laboratoires répartis à travers le pays pour effectuer la surveillance liée à la RAM, selon Pr Fodé Amara Traoré, Directeur général de l’institut national de santé publique. 15 nouveaux sites seront créés bientôt pour étendre le réseau à 28 sites de surveillance.
Il faut rappeler que la résistance aux antimicrobiens tire son origine de plusieurs situations, dont l’utilisation inappropriée des antibiotiques, tant en automédication qu’en prescription inappropriée à l’hôpital.
Billy N CONDÉ








