Rage : l’OMS appelle à renforcer les mesures de prévention pour éviter les décès.

La rage demeure l’une des maladies infectieuses les plus dangereuses. Une fois les premiers symptômes cliniques apparus, la maladie est presque toujours mortelle. Face à ce risque, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) appelle à renforcer les mesures de prévention afin de parvenir à l’élimination de la rage à l’horizon 2030.

La Journée mondiale de la rage 2026 est placée sous le thème : « Agissez maintenant ! Vous, moi et notre communauté. » Un message qui met l’accent sur la responsabilité collective dans la lutte contre cette maladie.

Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé animale, environ 99 % des cas de rage humaine sont liés aux morsures de chiens infectés. L’Asie et l’Afrique concentrent plus de 95 % des décès, tandis que plus de 80 % des victimes vivent en milieu rural. Les enfants sont particulièrement exposés et représentent environ quatre personnes décédées sur dix.

Au Vietnam, les données du système de surveillance des maladies infectieuses du ministère de la Santé faisaient état, au 15 juin 2026, de 34 décès liés à la rage dans 18 provinces et villes. Même si ce bilan représente une baisse de dix décès par rapport à la même période en 2025, les autorités sanitaires considèrent que le risque demeure important.

Les morsures d’animaux susceptibles d’être infectés, notamment les chiens et les chats, constituent la principale voie de contamination. Le retard dans la prise en charge, l’absence de vaccination et le manque de recours rapide au sérum antirabique peuvent également augmenter considérablement le risque de décès.

Selon le Dr Le Bich Huong, cheffe adjointe de la clinique multiservices du Centre provincial de contrôle des maladies, le virus de la rage est principalement transmis à l’être humain par la morsure d’un animal infecté. La période d’incubation est généralement de quelques semaines, mais elle peut, dans certains cas, s’étendre sur plusieurs mois.

En cas de morsure ou de griffure suspecte, la première mesure consiste à nettoyer immédiatement et soigneusement la plaie avec de l’eau et du savon, puis à consulter rapidement un professionnel de santé. La prise en charge dépend notamment de la gravité et de la localisation de la blessure, ainsi que de la possibilité de surveiller l’animal responsable.

Les morsures au niveau de la tête, du visage ou du cou nécessitent une attention particulière en raison de leur proximité avec le système nerveux central. Lorsque l’animal est suspecté d’être atteint de la rage ou ne peut pas être surveillé, une prise en charge médicale adaptée, comprenant notamment la vaccination et, dans certaines situations, l’administration d’immunoglobulines antirabiques, peut être nécessaire.

Les autorités sanitaires déconseillent fortement l’automédication et le recours aux traitements traditionnels non reconnus médicalement. Les cataplasmes, plantes ou autres pratiques populaires ne remplacent pas la prise en charge médicale après une exposition à la rage. Tout retard dans la vaccination post-exposition peut avoir des conséquences mortelles.

La prévention passe également par une meilleure gestion des animaux domestiques. Les propriétaires de chiens et de chats sont encouragés à respecter les recommandations vétérinaires en matière de vaccination antirabique et à éviter que leurs animaux ne circulent librement.

Dans les espaces publics, les chiens doivent notamment être maîtrisés par leurs propriétaires et, lorsque cela est nécessaire, tenus en laisse et équipés d’une muselière. Une surveillance responsable permet de réduire les risques de morsures et de transmission du virus.

La lutte contre la rage repose donc sur une responsabilité collective. La vaccination des animaux, la surveillance des chiens et des chats, ainsi que la consultation rapide d’un professionnel de santé après une morsure sont autant de mesures essentielles pour prévenir les décès.

Agir rapidement après une exposition et adopter un comportement responsable envers les animaux peuvent sauver des vies et contribuer à l’objectif d’élimination de la rage d’ici 2030.

Mohamed Lamine Diaouné

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