Lutte contre le paludisme : la Guinée introduit dans son protocole sanitaire, un vaccin antipaludique pour les enfants dès 5 mois.

La Guinée franchit une étape majeure dans la lutte contre le paludisme. Ce mercredi, le gouvernement a lancé officiellement le vaccin RTS,S, désormais administré gratuitement aux enfants dès l’âge de 5 mois. Objectif : réduire drastiquement une maladie qui reste la première cause de mortalité infantile dans le pays.

La cérémonie, organisée dans un grand hôtel de Conakry, a réuni le Premier ministre Bah Oury, plusieurs membres du gouvernement, le président du Conseil national de la transition (CNT), des partenaires techniques et financiers ainsi que des professionnels de santé.

« En 2023, plus de 2,7 millions de cas de paludisme ont été enregistrés en Guinée, avec plus de 1 400 décès, principalement chez les enfants de moins de 5 ans », a rappelé Madalena, représentante des partenaires, évoquant aussi l’impact économique lourd de la maladie.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le paludisme a causé 597 000 décès dans le monde en 2023, dont 95 % en Afrique. Les pertes économiques sur le continent sont estimées à 12 milliards de dollars par an.

Recommandé par l’OMS depuis 2021, le RTS,S est déjà utilisé avec succès au Ghana, au Kenya et au Malawi. En 2025, 19 pays africains l’ont adopté. La Guinée rejoint ce cercle avec une phase pilote dans quatre districts à forte prévalence : Mamou, Gaoual, Kankan et Yomou. Le déploiement sera étendu progressivement à tout le pays.

Particularité inédite : chaque enfant vacciné pourra également obtenir un acte de naissance, grâce à une coordination entre les services de santé et l’état civil.

Charlotte Daffé, ministre de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables, représentant le ministre de la Santé Dr Oumar Djouhé Bah, a souligné que ce vaccin, administré en quatre doses, est un outil clé pour réduire les formes graves de la maladie. Elle a aussi annoncé que le vaccin contre le papillomavirus (HPV) sera bientôt introduit pour prévenir certains cancers chez les femmes.

Le Premier ministre Bah Oury a, lui, mis en avant la progression du taux de couverture vaccinale, passé de 47 % en 2022 à 63 % en 2025, fruit d’une politique sanitaire déterminée.

« Le vaccin contre le paludisme est une réponse scientifique à une tragédie ancienne. En le rendant accessible, nous défendons le droit à la vie pour chaque enfant guinéen », a-t-il affirmé, appelant à rattraper les générations non vaccinées.

Les autorités invitent les familles, leaders communautaires et associations locales à participer activement à cette campagne. Les partenaires internationaux se sont engagés à poursuivre leur soutien, notamment pour la formation des équipes médicales et le suivi du vaccin.

En clôture, Bah Oury a rappelé que « les plus grandes victoires sanitaires sont souvent silencieuses » et qu’il faut « préparer la guerre pour ne pas l’avoir » en immunisant les enfants avant que le paludisme ne frappe.

KÉBÉ

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