La lutte contre le cancer, pas que le combat des gouvernements, des institutions, des fondations ou associations. Face à l’ampleur des cas, des célébrités se sont engagées dans la lutte contre le cancer sous toutes ses formes. Les unes, pour partager leur expérience personnelle, les autres, pour soutenir les campagnes de sensibilisation. La lauréate du Prix Découverte RFI en 2011, Sia Tolno, appartient à la dernière catégorie.
Le mercredi 23 juillet 2025, l’artiste-chanteuse guinéenne, a présenté à la maison de la presse de Conakry, son projet baptisé « Rose Espoir-Unis contre le cancer ». Prévue du 13 au 31 octobre prochain, l’initiative vise à sensibiliser et à accompagner les femmes, notamment celles vivant dans les zones rurales sur l’importance du dépistage du cancer du sein et du col de l’utérus. Au programme, des ateliers éducatifs, des cafés-débats baptisés « Café rose », un marathon de sensibilisation et un concert de solidarité.
Sia Tolno justifie son engagement surtout à cause de la féminisation de la maladie et de la situation sociale et géographique des victimes.
« J’ai longuement réfléchi à cette cause dont nous, les femmes, sommes victimes, quel que soit notre âge mais surtout à partir de 40, 50, 55 ans. Pour moi, il est tout à fait naturel de me battre pour une cause aussi noble, aussi sensible, qui devrait intéresser tout le monde, surtout les femmes. Aujourd’hui, vous avez vu la mobilisation. Nous venons du ghetto, ce que nous pouvons vous offrir, la raison pour laquelle nous sommes ici avec tout notre cœur, c’est parce que nous avons vécu dans ces endroits où personne ne venait. On était seules. Alors aujourd’hui, les jeunes du ghetto, les artistes, ont décidé de faire quelque chose. L’objectif est d’aider les femmes invisibles, celles des villages reculés, celles qui travaillent dans les marchés, à la pêche, celles qui vendent du poisson, mais qui ignorent qu’elles peuvent être malades. Ce n’est pas qu’elles refusent de faire un dépistage, c’est qu’elles ne savent même pas que cela existe ou qu’elles doivent le faire. Donc, nous allons nous battre corps et âme, avec tous ceux qui nous soutiennent aujourd’hui, pour prouver que nous, les artistes aussi, pouvons nous engager dans la lutte contre le cancer », a dit l’artiste Sia Tolno.
Pour Nicolas Millimouno, commissaire général du projet « Rose Espoir-Unis contre le cancer », cette campagne qui couvrira trois (3) localités du pays, vise à faire de Conakry, la capitale africaine de la lutte contre le cancer.
« Trois zones principales d’intervention ont été choisies: Conakry, Dubréka et Kindia. Ces localités ont été sélectionnées en raison de leur proximité avec la capitale, car nous comptons faire venir un grand nombre de personnes à Conakry. L’objectif est de faire de Conakry la capitale africaine de la lutte contre le cancer durant le mois d’octobre. Nous voulons renforcer l’engagement de la Guinée dans cette lutte. Bien que de nombreuses actions soient déjà menées par d’autres organismes, notre ambition est d’apporter une contribution supplémentaire. La fondation de Mme Sia Tolno souhaite accompagner et soutenir les efforts du gouvernement. À cet effet, nous voulons organiser cet événement sous la présidence d’honneur de la fondation. À Conakry, nous prévoyons d’inviter quatre Premières dames : celles de la Sierra Leone, du Liberia, de la Côte d’Ivoire et du Gabon. Tout un travail est en cours. L’objectif global du projet est de contribuer à la réduction du nombre de femmes atteintes du cancer du sein et du col de l’utérus en Guinée », a-t-il fait savoir.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le cancer du sein est une maladie caractérisée par la croissance incontrôlée de cellules mammaires anormales qui forment alors des tumeurs. D’après les statistiques de l’agence onusienne, en 2022, le cancer du sein a provoqué 670 000 décès dans le monde.
Quant au cancer du col de l’utérus, c’est le quatrième cancer le plus courant chez la femme dans le monde, avec environ 660 000 nouveaux cas et 350 000 décès liés à cette maladie en 2022. Il est causé selon l’OMS, par une infection persistante par le virus du papillome humain (HPV).
Billy N. CONDÉ
