L’objectif du cadre régional pour la santé bucco-dentaire, vise à faciliter l’accès aux services essentiels de santé bucco-dentaire à au moins 50 % de la population de chaque pays, à réduire de 10 % la prévalence des principales maladies bucco-dentaires et de doter 60 % des pays, d’ici à 2028, de politiques nationales en matière de santé bucco-dentaire.
« Les maladies bucco-dentaires ont été largement négligées, ce qui en fait l’une des maladies les plus répandues dans notre Région. Nos efforts pour faire face à cette menace doivent être solides, concertés et soutenus. Le cadre convenu aujourd’hui souligne le besoin urgent pour les pays de donner la priorité à la santé bucco-dentaire, en garantissant un financement, un personnel et un leadership adéquats pour protéger et promouvoir la santé grâce à une approche plus intégrée centrée sur la personne », a déclaré le Dr Mohamed Yakub Janabi, Directeur régional de l’OMS pour l’Afrique.
Selon le ministre sénégalais en charge de la santé, la santé bucco-dentaire doit être reconnue comme une composante fondamentale de la couverture sanitaire universelle.
« Ce cadre est un élément supplémentaire précieux dans le cadre de notre lutte contre les maladies bucco-dentaires dans notre pays. Le Sénégal reconnaît depuis longtemps le noma comme un problème de santé publique majeur et participe aux efforts menés par l’OMS pour lutter contre cette maladie dévastatrice. Nous sommes déterminés à rester à l’avant-garde de la protection des populations contre les maladies bucco-dentaires grâce à une approche multisectorielle. Avec le soutien et la collaboration continus de l’OMS, nous atteindrons cet objectif », a laissé entendre M. Ibrahima Sy, Ministre de la santé du Sénégal.
C’est pourquoi, le cadre invite les pays à prendre cinq mesures prioritaires. Il s’agit de : renforcer le leadership et le financement par le biais de partenariats ; élaborer des politiques nationales de santé bucco-dentaire ; et intégrer la santé bucco-dentaire dans les ensembles de services de santé essentiels. Il appelle également les gouvernements à combler les lacunes en matière de personnel de santé par des approches telles que le partage des tâches, l’élargissement de l’accès aux médicaments essentiels et le renforcement de la surveillance des maladies.
Malgré la prévalence des affections bucco-dentaires, une étude révèle que les investissements dans la prévention et les soins restent faibles. En effet, plus de 70 % des pays ont dépensé moins d’un dollar É.-U. par habitant pour la santé bucco-dentaire, contre une moyenne mondiale de 50 dollars É.-U. en 2019. La prestation des services est orientée de manière disproportionnée vers des soins curatifs onéreux, tandis que l’accès aux mesures préventives, telles que le dentifrice fluoré et le fluorure de diamine d’argent, demeure limité.
À rappeler, la Région est confrontée à une grave pénurie de professionnelles et de professionnels de la santé bucco-dentaire, avec un ratio estimé à seulement 3,7 pour 100 000 personnes, soit des proportions largement inférieures au seuil requis de 13,3 pour 100 000 habitants pour répondre à la demande de services.
Billy N. CONDÉ
