À l’occasion d’Octobre Rose, le Centre hospitalo-universitaire (CHU) de Donka a organisé, du 12 au 16 octobre 2026, une campagne gratuite de sensibilisation et de dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus destinée à son personnel féminin. Placée sous le thème « Protéger celles qui soignent », l’initiative vise environ 400 travailleuses âgées de 25 à 49 ans et met en lumière un enjeu essentiel : faciliter l’accès à la prévention pour les femmes qui consacrent leur quotidien à la santé des autres.
CONAKRY, 16 octobre 2026 – Au CHU de Donka, la prévention des cancers féminins s’adresse aussi à celles qui assurent le fonctionnement quotidien de l’hôpital. Du 12 au 16 octobre, l’établissement a organisé une campagne gratuite de sensibilisation et de dépistage des cancers du sein et du col de l’utérus à l’intention de ses travailleuses, dans le cadre d’Octobre Rose.
Intitulée « Protéger celles qui soignent », cette initiative ambitionne de toucher environ 400 femmes âgées de 25 à 49 ans. Elle vise à encourager le dépistage précoce et à rapprocher les services de prévention d’un personnel souvent mobilisé par les exigences professionnelles et les responsabilités familiales.
Dépister plus tôt pour améliorer la prise en charge
Lors de cette campagne, le professeur Bangaly Traoré a insisté sur l’importance du dépistage précoce, alors que les cancers du sein et du col de l’utérus continuent d’être diagnostiqués à des stades avancés chez certaines patientes.
Le manque de dépistage et les difficultés de détection précoce peuvent retarder la prise en charge et compliquer les traitements. D’où la nécessité de renforcer l’information, de favoriser la consultation médicale et de faciliter l’accès aux examens adaptés.
Le spécialiste a également rappelé qu’une anomalie du sein ne signifie pas systématiquement la présence d’un cancer. Toutefois, l’apparition d’un signe inhabituel doit inciter à consulter un professionnel de santé afin de bénéficier d’une évaluation appropriée.
Cette démarche est particulièrement importante pour éviter que la peur, le manque d’information ou le report des consultations ne retardent la recherche d’un diagnostic.
Confidentialité et orientation des patients au cœur du dispositif
Au-delà des examens, les responsables du CHU de Donka mettent l’accent sur les conditions dans lesquelles les femmes sont accueillies et accompagnées.
La directrice des affaires médicales par intérim, la Dre Souaré, a souligné que la campagne prévoit un accueil respectueux, la préservation de la confidentialité des femmes dépistées et l’orientation vers les services appropriés pour celles qui nécessitent des examens complémentaires.
Ces garanties sont essentielles pour instaurer un climat de confiance et encourager les femmes à recourir aux services de prévention. Le dépistage ne constitue en effet qu’une première étape : lorsqu’une anomalie est détectée, l’accès aux examens complémentaires et, si nécessaire, à une prise en charge adaptée reste déterminant.
« Prévenir vaut mieux que guérir » : rapprocher la prévention des travailleuses
Pour la Dre Traoré Aminata, coordinatrice médicale à la Direction des affaires médicales et coordinatrice du projet, cette initiative répond à la volonté de faire de la santé féminine une priorité au sein de l’établissement.
« La Direction des affaires médicales, qui est une direction transversale de toutes les autres directions de notre institution, a eu l’initiative de promouvoir la santé féminine », a-t-elle expliqué.
Elle a également attiré l’attention sur les contraintes professionnelles et familiales qui peuvent conduire certaines femmes à repousser leurs propres consultations.
« La prévention est à la base de tout traitement. Il y a un adage qui dit que prévenir vaut mieux que guérir », a-t-elle rappelé, invitant les travailleuses à profiter de cette campagne gratuite.
En organisant les activités de prévention au sein même de l’établissement, le CHU entend ainsi réduire certains obstacles pratiques et rappeler que les professionnelles de santé ont, elles aussi, besoin d’un accès effectif aux soins préventifs.
« Prioriser les autres n’est pas synonyme de s’oublier »
L’administrateur général par intérim du CHU de Donka, Aliou Bah, a lui aussi insisté sur la nécessité pour les femmes de préserver leur propre santé, malgré les responsabilités qu’elles assument auprès des patients et de leurs familles.
« Prioriser les autres n’est pas synonyme de s’oublier », a-t-il déclaré, encourageant les travailleuses à bénéficier de cette initiative.
Le responsable a par ailleurs plaidé pour le renforcement des équipements médicaux dans les structures sanitaires du pays. L’amélioration des capacités de dépistage constitue, selon lui, un levier important pour favoriser une détection plus précoce des cancers du sein et du col de l’utérus.
Un enjeu qui dépasse Octobre Rose
À travers cette campagne, le CHU de Donka rappelle que la prévention des cancers féminins ne doit pas se limiter aux actions de sensibilisation organisées pendant le mois d’octobre. Elle suppose également un accès régulier à l’information, aux examens adaptés et aux services de prise en charge.
Pour les établissements de santé, prendre soin de leur personnel féminin représente aussi un enjeu de santé au travail et de prévention. Les femmes qui soignent les patients doivent pouvoir bénéficier de conditions favorables pour veiller à leur propre santé.
Reste à savoir dans quelle mesure cette initiative permettra d’atteindre les quelque 400 travailleuses ciblées et de faciliter le suivi des femmes nécessitant des examens complémentaires.
Mohamed Lamine DIAOUNE







