En visite officielle en Côte d’Ivoire, le Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a salué les avancées du pays en matière de couverture sanitaire, de qualité des soins et d’infrastructures. Avec près de 25 millions de personnes enrôlées dans la Couverture Maladie Universelle (CMU) et 97 % des établissements publics intégrés au dispositif, Abidjan affiche son ambition de devenir un hub sanitaire régional en Afrique de l’Ouest.
Abidjan, 8 août 2026 – La Côte d’Ivoire veut franchir un nouveau cap dans la transformation de son système de santé. En visite officielle dans le pays depuis le 6 août, le Directeur général de l’OMS, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a salué les efforts engagés par les autorités ivoiriennes et réaffirmé le soutien de l’organisation à cette dynamique.
Au cœur de cette visite : la Couverture Maladie Universelle (CMU), l’amélioration de la qualité des soins, le développement des infrastructures sanitaires, la préparation aux épidémies, la production locale de médicaments et la promotion de l’approche « Une seule santé » (One Health).
Une CMU qui change d’échelle
La Couverture Maladie Universelle constitue l’un des principaux marqueurs des progrès présentés au Directeur général de l’OMS.
Selon les données communiquées lors de sa visite, près de 25 millions de personnes sont désormais enrôlées dans la CMU, tandis que 97 % des établissements publics de santé sont intégrés au dispositif.
Pour les autorités ivoiriennes, cette progression traduit la volonté de rendre les soins davantage accessibles à la population et de renforcer la protection financière des ménages face aux dépenses de santé.
La Côte d’Ivoire cherche ainsi à consolider les mécanismes de financement de son système sanitaire tout en améliorant l’accès aux services essentiels.

Des progrès dans la santé maternelle
La santé maternelle figure également parmi les domaines dans lesquels les autorités ivoiriennes mettent en avant des résultats encourageants.
Le Directeur général de la santé, Prof. Mamadou Samba, a notamment présenté les progrès enregistrés dans la réduction de la mortalité maternelle ainsi que la montée en puissance des pôles régionaux de santé.
Lors de ses visites de terrain, le Dr Tedros a pu découvrir plusieurs initiatives consacrées à la santé de la mère et de l’enfant.
Au centre communautaire d’Angré, qui couvre une population d’environ 80 000 habitants, il a notamment été informé de l’absence de décès maternels enregistrés depuis plusieurs années.
Au CHU de Cocody, la délégation de l’OMS s’est également intéressée au pôle gynéco-obstétrique et pédiatrique et à l’impact de l’intégration des services sur la prise en charge des patients.

Le CHU d’Angré, vitrine de la qualité des soins
Autre étape importante de la visite : le CHU d’Angré, certifié ISO 9001.
Le Dr Tedros y a salué l’organisation et les standards de qualité mis en place au sein de l’établissement.
« La certification ISO mérite d’être partagée dans toute la région », a déclaré le Directeur général de l’OMS.
Cette reconnaissance met en lumière l’importance croissante accordée à la qualité et à la sécurité des soins dans la transformation des systèmes de santé africains.
La Côte d’Ivoire veut produire davantage de médicaments
Au-delà de l’accès aux soins, Abidjan veut également renforcer sa souveraineté sanitaire.
La production locale de médicaments fait partie des priorités évoquées lors des échanges entre les autorités ivoiriennes et l’OMS.
Le Dr Tedros a salué les efforts réalisés en matière de gouvernance et a annoncé la disponibilité de l’OMS à accompagner la Côte d’Ivoire dans sa progression vers le niveau 3 de maturité pharmaceutique.
L’objectif est notamment de renforcer les capacités nationales de réglementation et de favoriser le développement d’une industrie pharmaceutique locale capable de contribuer à la disponibilité des médicaments et produits de santé essentiels.
« Une seule santé » au cœur de la stratégie
La Côte d’Ivoire mise également sur l’approche One Health, ou « Une seule santé », qui considère de manière intégrée la santé humaine, la santé animale et l’environnement.
Cette approche est devenue particulièrement importante dans la prévention et la gestion des épidémies, alors que de nombreuses menaces sanitaires émergentes se situent à l’interface entre les populations, les animaux et les écosystèmes.
Pour la Côte d’Ivoire, son intégration dans les politiques publiques constitue un levier supplémentaire pour renforcer la préparation et la résilience du système de santé.
Des défis encore importants
Malgré les progrès mis en avant, les autorités sanitaires ivoiriennes reconnaissent que plusieurs défis persistent.
Parmi les principaux enjeux figurent notamment la répartition équitable des professionnels de santé sur le territoire, la disponibilité des intrants essentiels et l’amélioration de la qualité des données sanitaires.
Ces défis restent déterminants pour garantir que les progrès réalisés à Abidjan et dans les grands centres urbains puissent bénéficier également aux populations des zones moins bien desservies.

Vers un hub sanitaire régional ?
La visite du Directeur général de l’OMS intervient dans un contexte où la Côte d’Ivoire affiche clairement son ambition de renforcer son rôle régional dans le domaine de la santé.
La progression de la CMU, le développement des infrastructures, les efforts en matière de qualité des soins, la santé maternelle, la production pharmaceutique locale et l’approche One Health constituent les principaux piliers de cette stratégie.
En saluant ces avancées, le Dr Tedros a également confirmé la volonté de l’OMS de poursuivre son accompagnement auprès des autorités ivoiriennes.
Une ambition qui dépasse les frontières ivoiriennes
Au-delà du bilan national, cette dynamique pourrait avoir une portée régionale. Le développement de pôles sanitaires capables d’offrir des soins de qualité, de former des professionnels, de produire certains médicaments et de répondre aux urgences sanitaires pourrait contribuer à renforcer l’autonomie sanitaire de l’Afrique de l’Ouest.
La Côte d’Ivoire entend ainsi transformer ses progrès internes en levier d’influence et de coopération sanitaire régionale.
Pour Abidjan, l’enjeu est désormais de consolider les acquis, de réduire les disparités territoriales et de poursuivre les investissements afin que l’amélioration des indicateurs sanitaires se traduise durablement par une meilleure santé pour l’ensemble de la population.
Source : OMS CI /RS CI







