L’ONG Tabala a lancé ce mercredi 22 avril à Université Gamal Abdel Nasser de Conakry la troisième édition du Forum des acteurs non étatiques sur la santé. Cette rencontre nationale vise à renforcer la gouvernance du système sanitaire guinéen à travers une participation plus structurée des organisations de la société civile et des autres parties prenantes.
L’événement a mobilisé des représentants des pouvoirs publics, des partenaires techniques et financiers, des organisations de la société civile, des étudiants ainsi que des encadreurs des facultés de médecine. Des représentants des communautés bénéficiaires ont également pris part aux échanges, illustrant la volonté d’instaurer une démarche participative et inclusive.
Dans son allocution d’ouverture, le président de Tabala, Dr Abdoulaye Kaba, a rappelé les principaux défis auxquels reste confronté le système de santé guinéen.
« À l’instar de ceux de nombreux pays d’Afrique de l’Ouest, le système santé Guinéen fait face à de multiples défis : accès équitable aux soins, gouvernance hospitalière, financement, qualité des services, participation communautaire », a fait savoir Dr Kaba.

Poursuivant son intervention, il a souligné le rôle central des organisations de la société civile dans l’accompagnement de l’action publique, notamment en matière de transparence, de redevabilité et d’efficacité des politiques sanitaires.
« Dans ce contexte, les organisations de la société civile jouent un rôle essentiel pour compléter l’action publique, porter la voix des populations et contribuer à la transparence, à la redevabilité et à l’efficacité des politiques de santé. Face à la nécessité de renforcer la gouvernance du système de santé à travers une implication plus structurée et influente des acteurs non étatiques, le Forum intervient dans un contexte où l’exercice de la médecine devient de plus en plus difficile et contraignant avec une demande sociale exigeante », a t-il rappelé.
Ce forum entend servir de cadre de concertation, de plaidoyer et de coordination entre les différents acteurs engagés dans la réforme du secteur de la santé. Mais pas que. Selon l’initiateur, il vise également à renforcer le rôle des OSC dans la gouvernance hospitalière, favoriser un dialogue structuré avec les pouvoirs publics, identifier des leviers d’implication dans les politiques de santé, et formuler des recommandations pour une gouvernance inclusive. Une attention particulière est également accordée à la santé environnementale, en lien avec les défis à venir du projet Simandou 2040.
Parrain de la rencontre, Bangaly Mara, lui, a insisté sur les conditions nécessaires à l’émergence d’un système de santé performant et résilient.
« Premièrement, pour avoir un système de santé efficace et performant, on ne saurait l’avoir sans des prestations de qualité dans nos structures hospitalières. Deuxièmement, on ne saurait avoir un système de santé performant et résilient sans un personnel suffisant, équitablement réparti sur toute l’étendue du territoire, compétent, réactif et productif. Aussi, on ne saurait avoir un système de santé performant et résilient sans un système d’information efficace capable de produire des données fiables sur les statistiques épidémiologiques, sur l’état de santé de la population et sur les déterminants de la santé », a martelé Bangaly Mara.

Pharmacien de son état, Bangaly Mara a mis un accent particulier sur l’accessibilité aux médicaments, le financement durable du secteur et la nécessité d’un leadership fort fondé sur des règles claires et une meilleure redevabilité des acteurs.
Représentant le ministère de la Santé, Souleymane Diakité a réaffirmé l’engagement des autorités à accompagner cette dynamique de concertation. Au nom de la ministre, il a salué une initiative favorisant la co-construction entre l’État, la société civile, le secteur privé, les partenaires au développement et les communautés. Il a appelé à faire de ce forum un véritable laboratoire d’actions concrètes, porteur de recommandations opérationnelles et d’un plan d’action ambitieux.
De son côté, le Dr Ansoumane Oularé, conseiller spécial du président du CNT, a mis en avant les échanges consacrés au financement de la couverture maladie universelle. Les discussions ont porté sur les mécanismes innovants de financement, la mobilisation des ressources internes, la participation communautaire et la gouvernance participative.
Il a estimé que l’atteinte des résultats passera par une implication de tous les acteurs — État, société civile et communautés — aussi bien dans la planification que dans le suivi-évaluation des politiques publiques.
Plusieurs panels ont rythmé cette troisième édition, autour de sujets majeurs tels que :
• la gouvernance hospitalière et la participation citoyenne ;
• la santé environnementale selon l’approche One Health ;
• les mutuelles de santé comme levier vers la couverture universelle ;
• la santé mentale ;
• la pharmacie hospitalière ;
• l’innovation scientifique et technologique dans les structures sanitaires.
Prévu sur deux jours, ce forum ambitionne de faire émerger des recommandations concrètes pour améliorer durablement la gouvernance du système de santé en Guinée et renforcer la collaboration entre tous les acteurs engagés pour la santé des populations.
Gnima Aissata KEBE








