Une décision des autorités américaines suscite une vive inquiétude : un stock massif de contraceptifs financé par l’USAID (Agence des États-Unis pour le développement international), destiné en grande partie à l’Afrique, va être détruit.
Plus des deux tiers de ces produits — pilules, implants et contraceptifs injectables — devaient être envoyés à cinq pays : la République démocratique du Congo, le Kenya, la Tanzanie, la Zambie et le Mali.
Selon Alice Ackermann, porte-parole de la Fédération internationale pour la planification familiale (IPPF), la Tanzanie figure parmi les pays les plus touchés :
« Elle devait recevoir plus d’un million d’injections contraceptives et plus de 300 000 implants, soit plus de la moitié du soutien annuel fourni par l’USAID. »
Ces produits ne seront jamais livrés. Ils seront purement et simplement détruits, alors qu’ils couvraient à eux seuls 28 % des besoins annuels en contraception du pays.
Le Mali, lui aussi, est gravement concerné : plus d’un million de pilules et près de 95 000 implants vont être détruits, ce qui représente près d’un quart de ses besoins annuels.
Des stocks insuffisants sur le terrain
Depuis le gel du financement américain, ces pays fonctionnent avec des réserves très limitées.
« En Tanzanie, il ne reste que trois mois de stock. Au Kenya, cinq mois au mieux. Cela signifie qu’à court terme, des millions de femmes n’auront plus accès à aucun moyen de contraception », explique Alice Ackermann.
Certaines méthodes contraceptives sont déjà épuisées dans les cliniques partenaires de l’IPPF. Les femmes qui s’y rendent n’ont souvent le choix qu’entre une ou deux options, faute de mieux.
Une crise aux lourdes conséquences
Cette destruction massive aura un impact direct et dramatique sur la vie de 1,4 million de femmes et de filles, privées de contraception. Et cela, alors même que les produits concernés n’étaient pas périmés : leurs dates d’expiration allaient de 2027 à 2029.
Cette situation laisse craindre une flambée des grossesses non désirées, en particulier chez les adolescentes, et une hausse des avortements à risque.
« On estime qu’il pourrait y avoir au moins 174 000 grossesses non planifiées et plus de 56 000 avortements dangereux, susceptibles d’entraîner la mort de nombreuses jeunes femmes », alerte la porte-parole de l’IPPF.
KABA








